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Evaluation de la diversité botanique et valeur alimentaire de la jachère pâturée et sa résilience dans les Agrosystèmes céréales- élevage ovins en zones semi-arides occidentales Algérienne

N Selt1,2, H Yerou1,2, L Fatarna1, Aek Harizia1,2 et I Belhadj Slimen3

1 Département des Sciences Agronomiques, Faculté SNV Université de Mustapha Stambouli, Mascara 29000 Algérie
houariyerou@gmail.com
2 Laboratoire Géo Environnement et développement des espaces (LGEDE) Université de Mustapha Stambouli, Mascara 29000 Algérie
3 Institut Nationale Agronomique Tunis, INAT, 1082 Tunis, Tunisie

Résumé

Dans les agrosystèmes «céréaliculture-élevage ovin» des régions semi arides méditerranéennes, l’affouragement des ovins fait face à des contraintes majeurs, la rareté des ressources pastorales, la pauvreté des sols, la pénurie d’eau d’irrigation et les couts élevés des rations. La pratique de la jachère dans l’assolement est fortement justifiable au sein des agrosystèmes associant pratiques de la céréaliculture pluviale et l’élevage ovin pour la production de viande. La jachère renforce la capacité des systèmes de production agricoles à s’adapter aux chocs climatiques et économiques. Ce choix stratégique d’affouragement à base d’exploitation de la jachère représente une forme de résilience aux aléas climatiques subis par le changement climatique en zone semi-aride. Les résultats d’évaluation botanique et nutritionnelle de la jachère reflètent une richesse floristique de 21 espèces couvrant 8 familles botaniques, dont les plus représentatives sont les Poacées (23.8 %), Fabacées (23.8 %), et Astéracées (22,2 %). Le spectre biologique est dominé par les dicotylédones soit 76,2% des espèces, et les monocotylédones Poaceaes avec 23,8 % de la flore totale de la jachère. La biomasse fourragère a enregistrée un potentiel fourrager de 12,1 tonnes de matière fraiche soit 1,88 t/ha de MS, un apport énergétique de (1,06 à 0,90 UFL et de 1,02 à 0,81 UFV), et protéique de (49.6 PDIA, 40.2 PDIE et 172.3 PDIN g/Kg de MS). Les potentialités fourragères spontanées et pâturables de la jachère sont une alternative intéressante et durable des agrosystèmes céréales-élevage ovin en régions pluviales semi arides, dont l’utilité (agronomiques, économiques et environnementales) est indiscutable dans un contexte bioclimatique contraignant. Afin d’améliorer durablement l’utilisation des ressources phytogénétiques de la jachère, d’autres recherches sont nécessaires pour évaluer sa dynamique productive sous l’effet de certains facteurs de variations (précédent cultural, des intrants, la pluviométrie, la durée de la jachère).

Mots clés : biomasse, composition floristique, pâturage, valeur nutritive, Jachères, Algérie


Assessment of botanical diversity and nutritional value of grazed fallow land and its resilience in cereal-sheep farming agro systems in western semi-arid Algeria

Abstract

In cereal and sheep farming agro systems in semi-arid Mediterranean regions, sheep feeding faces major constraints, including scarce grazing resources, poor soil, a shortage of irrigation water, and high feed costs. The practice of fallow in crop rotation is highly justifiable in agro systems combining rainfed cereal and sheep farming for meat production. Fallow land strengthens the capacity of agricultural production systems to adapt climatic and economic shocks. This strategic choice of forage based on the use of fallow land represents a form of resilience to the climatic hazards caused by climate change in semi-arid areas. The results of botanical and nutritional assessments of fallow land reveal a rich flora comprising 21 species covering eight botanical families, the most representative of which are Poaceae (23.8%), Fabaceae (23.8%), and Asteraceae (22.2%). The biological spectrum is dominated by dicotyledons, accounting for 76.2% of species, and monocotyledonous Poaceae, accounting for 23.8% of the total fallow flora. The forage biomass recorded a forage potential of 12.1 tons of fresh matter, or 1.88 t/ha of DM, an energy contribution of (1.06 to 0.90 UFL and 1.02 to 0.81 UFV), and protein contribution of (49.6 PDIA, 40.2 PDIE and 172.3 PDIN g/kg DM). The spontaneous and grazable forage potential of fallow land is an interesting and sustainable alternative for cereal-sheep farming agro systems in semi-arid rainy regions, whose agronomic, economic, and environmental benefits are indisputable in a challenging bioclimatic context. In order to improve the sustainable use of the phylogenetic resources of fallow land, further research is needed to assess its productive dynamics under the influence of certain factors of variation (previous crop, inputs, rainfall, duration of fallow).

Key words: biomass, floristic composition, grazing, nutritional value, fallow land, Algeria


Introduction

Le secteur agricole joue un rôle déterminant dans l'économie des pays en développement, et constitue la principale source de revenus des agrosystèmes en zones semi-arides méditerranéennes. La synthèse du rapport d'évaluation AR6 du IPCC (2022) sur les effets du changement climatique (CC) dans la région méditerranéenne, expose une augmentation significative des températures (0,9 à 5,6 °C) et une diminution des précipitations (4 % à 22 %) au cours des deux dernières décennies du XXIe siècle (Yerou et al 2021, Amouzay and El Ghini 2025). En effet, cette tendance manifeste du CC, entraîne un déséquilibre accru et un déficit chronique du bilan hydrique (Cammarano et al. 2019, Drogoudi et al. 2020, IPCC, 2022, Touahria et al, 2025). Par ailleurs, face aux effets néfastes du CC, les agro éleveurs sont amenés à faire preuve de résilience, par le choix de stratégies et de tactiques, pour la durabilité de leurs systèmes de production « céréale-élevage ovins » afin d’atténuer ou contourner les aléas, par l’ajustement ou la restructuration des facteurs de production. Parmi les mesures adaptatives, la pratique de la jachère dans l’assolement est fortement présente. La jachère persiste toujours dans les agrosystèmes céréaliers semi-arides et occupe annuellement plus de 40% de la SAU. Néanmoins en Algérie, un discours presque unique a toujours considéré la pratique de la jachère comme un frein à l’accroissement des productions céréalières (Abbas et Abdelguerfi, 2005). La résorption de la jachère et son remplacement par une culture est donc devenue une constante dans tous les programmes de développement agricoles. Le fonctionnement des agrosystèmes céréale-élevage ovin nord méditerranéen, est caractérisé par le savoir-faire d’usage de la combinaison trilogique « céréaliculture- jachère – ovin » qui représente une forme d’adaptation et de résilience pour manager au mieux le risque climatique. La jachère constitue à cet effet une interface importante qui permet l’orientation et l’ajustement du système de production au cours d’une campagne agricole. Sur le plan nutritionnel, la jachère constitue, un maillon important du système fourrager pour les agrosystèmes semi-arides. La situation du bilan fourrager se caractérise par des déficits nutritionnels importants durant 6 mois de l’année allant d’octobre à Mars avec des conséquences néfastes sur la productivité et les revenus des agro-éleveurs (Abbas et al 2004, Yahiaoui 2011, El Housni et al 2014). La participation de la jachère dans la couverture des besoins du cheptel, dépasse 20 % et qui représente un support alimentaire stratégique ajusté au pic maximal des besoins physiologiques des troupeaux (période d’agnelage).

La productivité quantitative et qualitative de la jachère est influencée par plusieurs facteurs notamment la répartition spatio-temporelle des précipitations, le précédent culturale et l’intensité du pâturage. Entant que composante des systèmes de production et des stratégies agricoles, la jachère constitue un outil majeur d’équilibre permettant de diversifier les productions, de gérer les risques pluviométriques et enfin de pérenniser des agrosystèmes agricoles. La place de la jachère dans l’occupation des terres, son rôle stratégique dans le calendrier fourrager des ruminants et le manque d’informations floristiques et nutritionnelles, justifient cette étude. L’objectif étant de déterminer les potentialités fourragères de la biomasse produite et valeur nutritive de ce support alimentaire et d’orienter les voies d’amélioration afin de mieux raisonner sa gestion durable et l’ajustement entre besoin des troupeaux et l’offre fourrager en zone semi-aride. La compréhension de la composition botanique et de la valeur nutritionnelle des jachères constitue, incontestablement, un élément déterminant pour le développement durable des systèmes de production « céréale-élevage ovin » adaptés aux conditions particulières des zones semi arides. L’optimisation de l’exploitation de la jachère est un paramètre important d’amélioration des performances zootechniques des ovins et booste l’intégration de l’élevage ruminant et l’agriculture.


Matériel et méthodes

Caractéristiques de la zone d’étude

L’étude a été menée au niveau de la zone d’Ain El Hadjar, à proximité de la station expérimentale d’élevage ovin (ITelv) et localisée à environ 11 km au sud-ouest du chef-lieu de la wilaya de Saida. La région s’étend sur une superficie de 417,3 km2 entre 34° 45′ 31″ Nord, 0° 8′ 40″ Est à une altitude de 1014 m (figure 1). Les conditions pédoclimatiques sont caractérisées par un climat semi-aride de type Csa selon la classification de Köppen-Geiger, avec une température maximale de 34°C en été (juillet), et minimale de 2.1°C (janvier), une humidité relative de 55,6 % et une pluviométrie moyenne de 259 mm par an, tableau 1 (Yerou et al 2021et Office National de Météorologie, 2025).

Figure 1. Localisation du site d’étude et évolution de la pluviométrie de la région de Saida dans l’Ouest Algérien (Labani et al 2006, Touahria et al 2025)


Tableau 1. Paramètres climatiques de la région de Saida pour la compagne agricole 2024-2025

Mois

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

T.moy. (°C)

6.1

6.9

10.1

13.1

17.2

22.3

26.4

25.9

21.1

16.9

10.1

7.1

T.Min °C

2.1

2.5

5

7.3

11

15.5

19.3

19.4

15.5

11.9

6.1

3.4

T.Max °C

11.2

12.2

16

19.6

23.8

29.5

34

33.3

27.7

22.9

15.1

11.9

Préc. mm

32.4

31.6

28.6

23.6

21.4

10

10

1.2

18

5.3

21.4

55.2

Humidité(%)

68

66

61

57

52

43

37

39

51

55

67

71

La texture du sol est Argilo-sableuse, avec une teneur en matière organique faible et une vulnérabilité à l’érosion hydrique et éolienne. Un diagnostic préalable a été entamé basé sur des enquêtes auprès de la direction des services agricoles (DSA) de la wilaya de Saida pour collecter les informations sur l’élevage ovin, les ressources fourragères et la pratique de jachère dans la région. Au total, nous avons interrogé 50 Agro-éleveurs sélectionnés aléatoirement à partir d’une liste fournie par la DSA, tous les agro-éleveurs utilisant la pratique de jachères destinées au pâturage des ovins. Le système d'élevage ovin est de type extensif à semi-intensif et la majorité de l'alimentation provient de la jachère et de chaumes de céréales. Les objectifs de l’étude consistent à l’évaluation de la composition botanique, de la productivité (quantitative et qualitative) de la biomasse et la prévision de la valeur nutritive et fourragère de la jachère dans un agrosystème semi-aride « céréale-élevage ovin ».

Etude botanique et prélèvement des échantillons (végétation et du sol)

La période d’évaluation a été réalisée en 2 saisons continues (hiver, printemps) durant 4 mois (janvier à fin avril de la campagne agricole 2024-2025) sur une sole en jachère de 2 hectares ayant comme précédent céréales.

Analyse physico-chimiques du sol

Un échantillon de sol a été prélevé à une profondeur du premier horizon du sol 60 cm, séché à l'air libre et tamisé à une maille de 2mm. Les analyses physico-chimiques du sol consistent à la détermination de la texture, % Argile, %Limon, % Sable, du pH et le % MO.

Pour chaque mois, trois relevés botaniques dans la parcelle ont été réalisée par l’approche phytosociologique de Braun-Blanquet, en utilisant la méthode des points quadrats de 1 m2 par la technique des zigzags (INRA 1981, Bencherchali et Houmani 2017).

Les paramètres étudiés sont l’évolution de la biomasse végétale au cours du temps, pesée de l’échantillon global, triage et dénombrement des espèces existantes et leur poids, l’identification des espèces végétales qui poussent sur jachère, la détermination de la représentativité de chacune de ces espèces dans la parcelle et la caractérisation nutritionnelle de la composition floristique.

Les variables mesurées concernent la densité (nombre d’individus par m2), fréquence (%), selon la formule F(x)=n/Nx100 (n: le nombre de points de relevé pour lesquels l’espèce x est présente et N le nombre total de points de relevés réalisés.

La partie consommable de la végétation de chaque quadrat a été prélevée à 5cm au-dessus du sol en éliminant tous les corps étrangers. Les prélèvements ont été pesés pour déterminer la biomasse sur pied disponible (tMS/ha). Le séchage (48h) à 60°C a permis de déterminer le taux de matière sèche (MS) de l’échantillon (%).

Détermination de la valeur nutritive

La composition chimique a été déterminée après séchage au four à 65 °C jusqu'à obtention d'un poids constant (AOAC, 2000). Les échantillons ont été réduits en poudre fine et utilisés pour les analyses chimiques. Trois répétitions ont été réalisées afin de déterminer leurs teneurs en matière sèche (MS), matière minérale (MM), protéine brute (PB), cellulose brute (CB) et l’extrait éthéré (EE).

Prévision de la valeur énergétique et azotée

Les valeurs énergétiques (UFL et UFV) et azotées (PDIA, PDIN et PDIE), ont été calculées à partir des équations de prévision d’INRA. (2007).

UFL/Kg MS = -0,0018CB + 1, 3585

UFV/Kg MS = -0,0021CB + 1,350

Pour le système PDI, nous avons recours aux équations rapportées par INRA. (2007).

PDIN = PDIA + PDIMN en g/Kg, PDIE = PDIA + PDIME en g/Kg.

PDIA = MAT x [1,11 x (1 - DT)] x dr

PDIMN = MAT x [1 – 1,11 x (1 - DT)] x 0,9 x 0,8 x 0,8

PDIME = MOF x 0,145 x 0,8 x 0,8

Avec MAT = matières azotées totale de l’aliment en g/Kg.

DT = dégradabilité théorique des MAT de l’aliment dans le rumen (0 < DT < 1)

MOF = matière organique fermentescible de l’aliment en g/Kg.

Avec MOF = MOD – MG - MAND

MOD = matière organique digestible, MG = matières grasses.

Les Acides gras totaux (AG) sont déterminés par les équations de Maxin et al (2013). Pour les fourrages verts, la relation d’estimation des AG totaux (en g/kg MS) à partir de leur teneur en MAT (en g/kg MS) avec ∆1=0 et ∆2=0 pour les prairies:

AG totaux = 1,78 + 0,105 × MAT + ∆1

La matière grasse ou l’extrait éthéréEE (en g/kg MS) est déterminée par l’équation à partir de leur teneur en AG totaux (en g/kg MS) avec ∆4=0 pour les prairies.

EE (g/Kg MS) = 8,43 + 1,069 × AG totaux + ∆4


Resultats discussions

Composition botanique de la jachère

Les résultats physico chimiques du sol de la jachère révèlent une texture argilo- sableuse assez pauvre en matière organique inférieure à 2 % et un pH alcalin de 8.2 (tableau 2).

Tableau 2. Paramètres physico-chimiques du sol de la jachère

Argile

Limon

Sable

Texture

pH

% MO

42 %

27 %

31 %

Argilo-sableux

8.2

1,2

La flore herbacée inventoriée dans la jachère en zone semi-aride occidentale est composée d’un nombre total de 21 espèces appartenant à 8 familles botaniques (tableau 3 et figure 2). Les trois familles qui dominent nettement la flore de la jachère sont représentées par les Poacées (23.8 %), Fabacées(23.8 %), et Astéracées(22,2 %), elles capitalisent à elles seules 14 espèces soit 32,5 % de l’effectif global. Selon

Kazi Tani et al (2010), les Poacées, Fabacées et Astéracées occupent les 3 premiers rangs de la flore algérienne dans son ensemble. Selon, Santa et Quezel (1963), ces familles, sont les mieux représentées de la flore de l’Algérie, ceci est expliqué d’une part à leur phénologie parfaitement adaptée aux zones céréalières et par la productivité élevée de leurs semences (Kazi Tani et al 2010). Il existe une similitude des espèces entre nos résultats sur jachère avec les travaux de (Yahiaoui 2011, Karkour et Fenni 2016, Fortas et al 2021, Ammar et al 2023, Matallah et Matallah 2024), en zones Semi-aride céréalières nord-ouest (Mascara et Tiaret) et de l’Est Algérien (Sétif, El-Tarf) et les prairies (Metidja, El-Tarf) du centre et l’est Algérien (Bencherchali et Houmani 2017, Rami et al 2021). En effet, la variation de la composition des espèces est associée à plusieurs facteurs dont la gestion humaine, le précédent cultural, le pH, la texture du sol et le bioclimat. En effet, les espèces les plus distinguées sont la Poacée (Avena sterilis) avec un score de 7 et qui absorbe 16,3 % et la fabacée (Medicago truncatula), avec score de 7, soit 16, 3 % de somme totale de fréquence d’espèce. La compétition entre Poaceae et Fabaceae dans une sole pâturée est une caractéristique habituelle de la prairie. Toutefois, leur contribution à la densité, présente une variabilité (Rami et al 2021). En outre la forte contribution des Asteraceae (22,2%) est attribuée aux caractéristiques morphologiques, anatomiques et physiologiques de ces espèces. Les Asteraceae présentent une adaptabilité importante aux conditions environnementales suite aux changements climatiques, marqués avec l’augmentation de la température et la décroissance de la pluviométrie (Zhang et al 2023, Matallah et Matallah 2024). L’analyse du spectre biologique brut de la jachère indique une supériorité des thérophytes qui s’extériorisent grâce à la redistribution du stock semencier de la sole. En effet, dans le secteur phytogéographique Nord-ouest algérien, les espèces définissant les jachères persiste dans les cultures se succédant dans l’assolement pendant plusieurs années Kazi Tani et al (2010). Par ailleurs, les dicotylédones sont les mieux représentées, avec 76,2% des espèces, réparties en 07 (Amarantaceae, Asteraceae, Brassicaceae, Fabaceae, Malvaceae, Papaveraceae et Resedaceae), les Fabaceae et Astéraceae sont représentées par 9 espèces soit près de 42,8 % de la flore du total des espèces (tableau 2). Les monocotylédones, comportent 5 espèces, soit 23,8 % de la flore totale de la jachère, singulièrement représentées par les Poaceae. Par ailleurs, le rapport du nombre d’espèces monocotylédones au nombre d’espèces dicotylédones est de 31,3 qui confirme la prédominance des dicotylédones. Le comportement adaptatif de la flore en situation de pâturage est dicté par des stratégies défensives, notamment la présence chez des épines et des composés secondaires chez les astéracées, confèrent à certaines espèces un mécanisme important contre le broutage, ce qui explique leur prévalence (Zhang et al 2023). En conséquence, la combinaison des caractéristiques morphologiques et des mécanismes de défense distinctifs des Astéracées, associée à leur remarquable capacité d'adaptation aux conditions locales, en fait des acteurs clés de la dynamique écologique (Matallah et Matallah 2024). Nos résultats montrent que la famille de Fabacéeest la première espèce d’abondance, loin devant les Astéracéeset Poacées. Selon, (Huyghe et al 2008, Michaud et al 2015), la proportion de légumineuses est un déterminant important de la valeur alimentaire et de sa stabilité au cours de la saison pour les prairies temporaires et permanentes.).

A l’inverse les travaux de (Mebirouk-Boudechiche et al 2010, Salhi et al 2019, Bencherchali et Houmani 2017, Rami et al 2021), rapportent que la famille des Astéracées est très répandue en Algérie. Cette différence est expliquée par l’effet de la saison et du bioclimat, sur les mécanismes d’adaptations des formes de vie dans les conditions édaphiques et climatiques en zones de parcours semi-arides. Selon, Marouf (2021), la richesse floristique de l’Algérie est caractérisée par 4120 espèces végétales, les Astéraceae avec 648 espèces sont les plus représentées suivies des Fabaceae et des Poaceae respectivement 453 et 368 espèces. En ce qui concerne la contribution des fabacées dans la jachère en conditions semi-aride occidentales, les résultats, reflètent une composition équilibrée et bien favorisée en Fabacées. Yahiaoui et al (2010), indiquent que la contribution botanique de la jachère représentait (33 % de légumineuses, 42 % de graminées et 25 % d’autres espèces) en zone des hauts plateaux occidentales Algérien. Abdelguerfi et Abdelguerfi-Laouar (2004) ont dévoilé que, dans le pourtour méditerranéen, les ressources phytogénétiques sont dominées par les Fabacées et Poacées. Cette tendance des potentialités floristiques et agronomiques de la jachère caractérise l’équilibre recherché dans un espace de parcours en condition optimale. En effet, l’optimale recherché est de 70% de graminées et 15% de légumineuses (Baumont et al 2012, Cremer 2014).

Par ailleurs, le profil botanique de la jachère semble donc essentiellement basé sur les thérophytes herbacées annuelles et les Fabacées. Ce spectre à dominance de thérophytes de la jachère, reflète typiquement l'influence du climat semi-aride méditerranéen dans lequel la dominance des Asteraceae est attribuée aux caractéristiques morphologiques, anatomiques et physiologiques des espèces (El Housni et al 2014, Hussain, 2020). En effet, les espèces annuelles ont une stratégie d’adaptation en terminant leur cycle avant la période estivale (Volaire et al 2013).

Tableau 3. Composition floristique de la jachère dans les hautes plaines occidentales

Espèces Identifiées

Familles

T.B

ΣFE

En %ΣTF

Nom vernaculaire

Chenopodium album L

Amarantaceae

A

1

2,3

Chénopode blanc

Scolymus hispanicusL.

Asteraceae

B

+

-

Chardon d’Espagne

Calendula arvensis

A

2

4,6

Souci des champs

Centauria pullata

B

1

2,3

Centaurée brune

Galactites tomentosa

A

3

6,9

Chardon laiteux

Capesella bursa-pastoris(L.) Medik

Brassicaceae

B

+

-

Bourse à pasteur

Sinapis arvensisL.

A

1

2,3

Moutarde des champs

Astragalus hamosusL.

Fabaceae

A

1

2,3

Astragale à gousses

Medicago rigidula

A

2

4,6

Luzerne raide

Medicago polymorpha

A

1

2,3

Luzerne polymorphe

Medicago truncatula

A

7

16,3

Luzerne tronquée

Vicia monanthaRetz

A

5

11,6

Vesce uniflore

Malva parvifloraL.

Malvaceae

A

2

4,6

Mauve à petites fleurs

Papaver hybridumL.

Papaveraceae

A

1

2,3

Pavot hybride

Papaver rhoeasL.

A

1

2,3

Coquelicot

Avena sterilisL.

Poaceae

A

7

16,3

Avoine stérile

Phalaris paradoxa

A

1

2,3

Alpiste déformé

Hordeum murinumL.

A

4

9,3

Orge des rats

Agrot is capillaris

A

1

2,3

Agrostide vulgaire

Aegilops speltoides

A

1

2,3

Egilope faux-épeautre

Reseda alba L.

Resedaceae

V

1

2,3

Reseda blanc

Total especes

43

ΣFE: somme Fréquence espèce ; % ΣTF en % somme totale ΣTF ; + : très peu abondante, A : anuelle ,B : Bisanuelle; V : vivace

La thérophytisation, des habitats en zone aride indique d’une part un stade ultime de dégradation, souvent liée aux perturbations environnementales par le pâturage et d’autre part les faibles exigences écologiques des thérophytes facilitent leurs colonisations de divers types de milieux (Quezel 2000).

Figure 2. Photos des especes rencontrées sur jachère en zone semi aride occidentale Algéria
Le potentiel fourrager et valeur nutritionnelle de la jachère

La biomasse moyenne produite sur la jachère offre un potentiel fourrager de 12,1 tonnes de RMF, soit 1,88 t/ha exprimée en MS (tableau 4). Cette valeur est intermédiaire à celle rapportée par (Tedjari, et al 2008, Boudechiche et al 2010, El Housni et al 2014, Salhi et al 2019) en zone Maghrébine (1,6 t et 3 t MS/ha). Le potentiel fourrager a augmenté au cours du cycle de production pour atteindre son maximum fin mars avec 18,6 tonnes de RMF soit 2,65 t MS/ha. Des constations similaires pour les jachères en zones semi arides nord-africaine (Algérie et Maroc), indiquent des variations moyennes entre 10 et 13,5 t/ha (Tedjari et al. 2008, El Housni et al 2014).

Les résultats de la composition chimique montrent que, la teneur en matière sèche est comprise entre 10,6 et 20,3%, comparable à celle des prairies et friches entre 10 et 24% MS (Boudechiche et al 2010). La biomasse est positivement corrélée avec la teneur en MS dont l’évolution est fonction de stade phénologique et l’augmentation progressive des températures. Salhi et al (2019) rapportent que la biomasse, sa qualité et sa composition floristique sont liées à l’évolution des paramètres climatiques au cours de la période hivernale.

Tableau 4. évolution de la productivité en (t/ha et la valeur nutritive de la jachère

Paramètres

Janvier

Fevrier

Mars

Avril

RMF

4,67a

09,8b

18,6c

15,7c

MS (%)

13,2a

10,8a

14,2b

20,3c

RMS

0,62

1,06

2,65

3,18

MM (%MS)

16,2a

14,3b

11,7c

09,8d

MAT (%MS)

17,8a

16,3a

11,9b

09,6b

CB (%MS)

15,7a

25,6b

25,3b

25,4b

AGT (g/Kg MS)

20,4

18,9

14,3

11,9

EE (g/Kg MS)

30,3

28,6

23,7

21,1

RMF (t/ha) : rendement matière fraiche, RMS (t/ha) : rendement matière, MS : matières sèches, Rdt MF : rendement matières fraiches, MM : Matières Minérales, MAT : Matières azotées, CB : cellulose brute. AGT : Acides gras totaux, EE (g/Kg MS) : extrait éthéré

Le seuil moyen de MAT pour la jachère a été de 13,9 % représentant ainsi un des critères les plus importants pour l'évaluation de la qualité fourragère. Un effet significatif (p<0,05) du pourcentage de protéine a été enregistré entre les mois avec un pic en janvier et février, suivi d’une chute de l’ordre 4 et 6 points respectivement pour les mois de Mars et avril. Nos résultats sont supérieurs à ceux indiqués pour le Maroc (7 à 9%) par El Housni et al (2006) et en Algérie (7,7 à 12,19%) par Tedjari et al. (2008). En effet, le taux de protéine enregistré pour la jachère semi-aride est supérieure au seuil minimal (7-8 % MS) requis pour le bon fonctionnement du rumen afin d’assurer une activité métabolique maximale et une alimentation convenables des petits ruminants (Yerou et al, 2023). En effet, en dessous du seuil protéique de 6-8% MS, l’ingestion diminue, affectant la croissance des microorganismes du rumen. Des constations similaires ont été rapportées par plusieurs auteurs pour les prairies, les friches et les jachères en zone méditerranéenne (Boudechiche et al 2010, El Housni et al 2014, Salhi et al 2019). La teneur moyenne de la CB est de l’ordre de 23 % avec une augmentation significative (p<0,05) en fonction des mois (cycle végétatif). Pour les agro éleveurs la connaissance de l’évolution de la variation du taux de CB représente un outil important pour mieux raisonner les modalités d’exploitation de la jachère. La teneur moyenne de l’extrait éthéré (EE) est de 26 g/Kg MS et les acides gras totaux 16,4 g/Kg MS. Une variabilité entre les mois avec dominance pour les mois de janvier et février. Il existe une corrélation positive entre la teneur en MAT et les AG totaux de la composante botanique de la jachère. Par ailleurs, les données bibliographiques rapportent que la teneur en EE des fourrages verts est d’autant plus élevée qu’ils sont jeunes et riches en feuilles. Ce constat rejoint les observations de (Arrigo 2010, Bencherchali et Houmani 2017), indiquant que l’herbe des repousses contient plus de matière grasse 26,1 g/kg MS) de même pour les fourrages récolté au stade précoce. L’évaluation de la variation en acides gras de la jachère est nécessaire, du fait que la composition botanique des fourrages affecte les proportions de ces différents acides gras dans le lait et afin de mieux comprendre et prévoir le rôle fourrager sur les propriétés nutritionnelles des produits animaux (Morel et al 2006, Baumont et al 2009).

Valeurs des unités fourragères et azotées

Les valeurs énergétiques varient par kg de MS, du mois de janvier à avril, de 1,06 à 0,90 UFL et de 1,02 à 0,81 UFV. Ces résultats sont supérieurs à ceux rapportés sur fourrage vert de prairies permanentes de plaines au premier cycle pour les stades épiaison et floraison avec respectivement 0,79 ; 0,72 et 0,70 ; 0,60 UFL et UFV (Inra 2007,Bencherchali et Houmani 2017). En moyenne, la flore de la jachère présente les valeurs azotées de 49,6 PDIA, 40,2 PDIE et 172,3 PDIN g/Kg de MS (tableau 5). D’après, (Baumont et al 2009) les graminées et les légumineuses exploitées en vert à des stades jeunes permettent d’atteindre simultanément une densité énergétique et des apports de PDI élevés.

Tableau 5. Valeurs énergétiques et azotées de la jachère

Paramètres

Janvier

Fevrier

Mars

Avril

UFL

1,06

0,98

0,91

0,90

UFV

1,02

0,81

0,82

0,81

PDIA g/Kg de MS

53,4

50,6

48,3

46,2

PDIE g/Kg de MS

50,4

43,2

36,8

30,4

PDIN g/Kg de MS

186,9

180,5

163,7

158,3

UFL, unité fourragère lait ; UFV, unité fourragère viande ; PDIA, protéines digestibles dans l’intestin d’origine alimentaire ; PDIN, protéines digestibles dans l’intestin d’origine azotée ; PDIE, protéines digestibles dans l’intestin d’origine énergétique

Les résultats indiquent une variation temporelle des valeurs obtenues pour les UF et les PDI en faveur des mois de janvier et février. En général, cela est relié à la quantité de biomasse saisonnière produite qui est tributaire des conditions climatiques les plus favorables. Les valeurs des PDIN sont singulièrement supérieures à la valeur des PDIE pour l’herbe de la jachère à cause de la teneur en MAT avec un potentiel de synthèse protéique microbienne à partir de l’azote fermentescible dans le rumen (PDIMN), plus importante que celle permise par l’énergie fermentescible (PDIME). Dans la situation où les MAT sont supérieurs à 14 % de la MS avec des valeurs de PDIN supérieures aux PDIE, l’énergie fermentescible est alors le facteur limitant de la protéosynthèse (Drogoul et al 2004). En effet, sur le plan digestif, l’ammoniac a tendance à s’accumuler dans le rumen et entraine le bouleversement du processus habituel des fermentations, avec tendance à l’alcalose. La solution envisageable est la complémentation de la ration à base d’herbe par l’apport de céréales ou aliment très riche en PDIE.

Les légumineuses présentent un fort déséquilibre entre la valeur PDIN, qui dépend directement des MAT dégradables dans le rumen, et la valeur PDIE qui dépend de la digestibilité du fourrage. De ce fait selon, Baumont et al (2016), les rations à base de légumineuses nécessitent une association avec d’autres fourrages et compléments pour améliorer l’efficacité globale de l’utilisation de l’azote.

La jachère pâturée un savoir-faire et une forme d’agriculture régénérative

La pression sur les terres agricoles a considérablement augmenté en raison de la modernisation, de l'industrialisation et de la mécanisation de l'agriculture, aggravant ainsi les problèmes environnementaux (Sekaran et al 2021). L'agriculture mondiale est confrontée au défi de produire suffisamment d'aliments pour répondre à la demande croissante, dans un contexte de CC et d'épuisement des ressources naturelles (Smith et al 2013, Descheemaeker et al 2016). Selon, (Hilimire et al 2011, Sekaran et al 2021), l’intégration culture-élevage (ICE) est considérée comme un système agricole durable contribuant à renforcer la sécurité alimentaire et plus résiliente face au réchauffement. Ces dernières années, l’ICE suscite un regain d'intérêt, afin de concevoir des systèmes, capables de générer à la fois une productivité socio-économique élevé et de multiples avantages environnementaux grâce aux technologies actuelles (Lemaire et al 2014, Nie et al 2016). Le fonctionnement et l’impact du système de production ICE, en zone semi-aride algérienne est un modèle d'intégration où les ovins valorisent les ressources pastorales (pâturages naturels, jachères et chaumes) pour produire viande et laine (figure 3). Le pâturage des ovins sur les résidus de récolte et les jachères (Automne et printemps), améliore la santé des sols (matière organique, rétention d'eau) grâce au fumier et à la diversité de la flore. Il en résulte une amélioration de la fertilité, une réduction des ravageurs et une durabilité accrue de l'exploitation grâce à la minimisation des intrants de synthèse et à une meilleure utilisation des ressources. Les périodes de jachère, souvent pâturées, sont essentielles à la régénération des sols, permettant au couvert végétal d'enrichir la terre en matière organique et de favoriser la biodiversité, soutenant ainsi les cycles de production des cultures et de l'élevage ovin.

La résilience, des agrosystèmes ICE céréaliculture-élevage ovin dans le bassin méditerranéen est un indicateur du savoir-faire des agro éleveurs en termes d'agriculture régénérative, basée sur l’usage de la jachère dans les assolements, afin d’atténuer les aléas climatiques et sécuriser leurs systèmes de productions. La jachère, qu’elle soit traditionnelle ou améliorée, est un outil puissant pour régénérer les sols, aligné avec les principes de l’agriculture régénérative moderne. Les récentes recherches sur l'agriculture régénérative et le pâturage adaptatif multi-paddocks ont suscité l'intérêt du public en offrant de nouvelles options pour l'élevage utilisant les pâturages dans leur contribution à la séquestration du carbone et à la biodiversité (Newbold et al 2015, Moisés et al 2025). Ainsi, l'agriculture régénératrice peut être perçue comme un ensemble de bonnes pratiques axées sur la santé des sols, tout en contribuant à l'atténuation des défis environnementaux et à l'amélioration socio-économique des acteurs concernés. A l’inverse, les pratiques agricoles intensives ou conventionnelles ont tendance à laisser une empreinte écologique fatale et une réduction marquée de la biodiversité, principalement par l'établissement de monocultures et l'utilisation d'intrants et herbicides qui réduisent la biodiversité végétale dans les champs cultivés. Les impacts de la pratique de la jachère pâturée présente des avantages et défis sur le plan de la biodiversité végétale, la santé des sols, qualité des produits d'origine animale et santé et bien-être des animaux. Selon Leroy et al (2025), pour produire une viande plus saine, durable, et avec les attentes sociétales, la recherche explore différentes pistes pour améliorer le profil nutritionnel de la viande rouge, par des pratiques d’élevage innovantes et la supplémentation alimentaire des animaux. Parmi les leviers les plus prometteurs, l’alimentation des ruminants à base d’herbe (jachère) apparaît comme une solution efficace. L’alimentation à base d’herbe tient une place originale, du fait qu’elle constitue l’une des bases de la liaison des produits animaux à leur terroir d’origine, et de les attribués des caractéristiques nutritionnelles et sensorielles particulières. En effet, l’élevage à l’herbe par sa richesse en antioxydants naturels (vitamines E, bêta-carotènes, polyphénols), se révèle être une solution efficace pour enrichir la viande en acides gras polyinsaturés de type oméga-3, tout en en améliorant sa stabilité, sa conservation, réduction du stress oxydant et les risques associés à la lipoperoxydation post mortem.

Figure 3. Fonctionnement du système de production et rôles la jachère pâturée


Conclusion

Dans les agrosystèmes céréaliculture-élevage ovin des régions semi arides méditerranéennes, l’affouragement des ovins fait face à des contraintes majeurs, la rareté des ressources pastorales, la pauvreté des sols, la pénurie d’eau d’irrigation et les couts élevés des fourrages. Dans ce contexte, la pratique de la jachère dans l’assolement est incontournable, afin d’assure l’affouragement du cheptel tout en luttant contre les aléas climatiques et les conflits d’usage sur l’espace pastoral. L’évaluation botanique et nutritionnelle de la jachère indique la présence de 21 espèces appartenant à 8 familles avec dominance des familles de Poacées (23.8 %), Fabacées (23.8 %), et Astéracées(22,2 %), elles capitalisent 14 espèces soit 32,5 % de la flore totale de la jachère. Le spectre biologique est fortement représenté par les dicotylédones avec 76,2% des espèces, et les monocotylédones comportent 5 espèces de Poaceae, soit 23,8 % de la flore totale de la jachère. La teneur en matière sèche varie entre 10,6 et 20,3%, les protéines 13,9 %, l’extrait éthéré (EE) 26 g/Kg MS et les acides gras totaux 16,4 g/Kg MS. Les valeurs énergétiques et azotées enregistrées sont respectivement de (1,06 à 0,90 UFL et de 1,02 à 0,81 UFV) et (49,6 PDIA, 40,2 PDIE et 172,3 PDIN g/Kg de MS). En se basant sur le spectre de diversité botanique et de la valeur nutritionnelle de la jachère, ce patrimoine fourrager représente une ressource importante pour les ovins en période hivernale et printanière. Cette évaluation des potentialités fourragères spontanées et pâturables de la jachère en termes de composition floristique et la productivité fourragère contribuera au développement durable des agrosystèmes céréales-élevage ovin. Afin de choisir une stratégie d’exploitation durable des jachères en zones semi arides, d’autres recherches seront nécessaires incluant l’évaluation de l’effet du précédent cultural, des intrants (engrais et produits phytosanitaires), la pluviométrie, la durée de la jachère et la charge animale.


Remerciements

Nous exprimerons nos remerciements au personnel de la direction des services agricole de la commune d’Ain El- Hadjar de la Wilaya de Saida, les instituts (institut technique d’élevage ITELV et l’institut technique des grandes cultures ITGC de Saida), le laboratoire GEDE Géo Environnement et développement des espaces et le département des Sciences Agronomiques, faculté SNV Université de Mustapha Stambouli, Mascara pour l’aide dans la réalisation de ce modeste travail.


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