Livestock Research for Rural Development 25 (4) 2013 | Guide for preparation of papers | LRRD Newsletter | Citation of this paper |
Les caractéristiques socio-économiques et techniques de l’élevage de petits ruminants ont été étudiées entre juin et juillet 2011 dans 57 élevages du département de la Mvila (Région du Sud Cameroun).
Les résultats de cette étude montrent que l’élevage de petits ruminants est majoritairement pratiqué par les hommes (96,5%), les personnes mariées (84,2%) sont les plus représentées, les chrétiens sont les plus nombreux (84,2%) et le taux de scolarisation des éleveurs est élevé (96,5%). Les petits ruminants sont élevés principalement pour l’autoconsommation et la vente (88,3%) et la main d’œuvre est à 92,2% familiale. Bien que l’élevage de petits ruminants ne soit pas considéré comme activité principale, sa contribution annuelle dans le revenu des ménages n’est pas négligeable (0≤ 50 000 à plus de 200 000 FCFA). Sur le plan technique, la taille du cheptel varie de 1 à 25 têtes. L’élevage mixte (39,0%) est dominant. La conduite de l’élevage est principalement la divagation permanente. Le logement est quasi inexistant (92,8%). L’alimentation est basée sur l’exploitation du pâturage naturel et peu d’éleveurs la complémente (36,8%). L’âge moyen à la première saillie des femelles est de 10,7 mois et les mâles sont mis en reproduction à l’âge de 7,8 mois indépendamment de l’espèce. La durée de vie reproductive est de 5,5 ans et 5,8 ans chez les mâles et femelles et indépendamment des espèces. Les pathologies les plus mentionnées dans ce département sont les parasites internes et externes (14,5%) et la diarrhée (13,1%). La majorité des éleveurs (60,8%) n’administre aucun soin à leurs animaux et parmi ceux qui en prennent soin, 1% et 38,2% recourent davantage aux soins ethno vétérinaires et vétérinaires modernes respectivement. Parmi les contraintes majeures, les éleveurs mentionnent le vol (87,7%) et les maladies (36,8%). Malgré le fait qu’ils signalent des contraintes, la quasi-totalité des éleveurs envisagent de continuer l’élevage de petits ruminants dans le but d’augmenter la taille de leur troupeau et d’assurer leur bien-être.
Mots clés: maladie, reproduction, sexe, supplémentation
Between June and July 2011, a survey was carried out to assess the socio-economic and technical characteristic of small ruminants in the Mvila Division (South Region of Cameroon). A total of 57 farmers were investigated through direct interviews and observation.
The main results indicate that: socio-economically, small ruminant rearing is male activity (96.5%) and married people (84.2%). Christians are the majority (84.2%) and the school level of these breeders is high (96.5%). Small ruminants are reared mainly for auto-consumption and sales (88.3%) and the labor force is mainly domestic (92.2%). Although the breeding of small ruminants is not considered as a principal activity, its annual contribution to household income is not negligible (from less than 50.000 to more than 200.000 FCFA). On a technical point, the herd size varies from 1 to 25 animals. Mixed rearing of goats (39.0%) is dominant. Sedentary rearing is practiced exclusively. Lodging is almost non-existent (92.8%). Feeding is based on the exploitation of natural pasture and very few breeders give supplement (36.8%) to their animals. The average age for the first breeding is 10.7 months and males are put in for reproduction at the age of 7.8 months regardless of the species. The reproductive life length is 5.5 years for males and 5.8 years for females regardless of the species. In this Division, internal and external parasites (14.5%) as well as diarrhea (13.1%) are the major pathologies. Most of the breeders (60.8%) do not administer health care to their animals and among those who care for their animals health problems, 1% and 38.2% of them use ethno veterinary and modern veterinary care respectively. Among the major constraints, the breeders mention theft (87.7%) and illnesses/disease attack (36.8%). Despite the fact that they signaled some constraints, almost all the breeders consider continuing the rearing of small ruminants with the aim of increasing the size of their herd and also to ensure their welfare.
Key words: gender, disease, reproduction, supplementation
Le département de la Mvila est situé dans la région du Sud Cameroun en pleine zone forestière où vit une grande variété d’espèces sauvages. Les populations de ce département ont pour principale activité l’agriculture (DDADER 2010), et exercent une pression considérable sur la faune sauvage pour satisfaire leurs besoins en protéines animales. Aujourd’hui, plusieurs de ces espèces sauvages sont passées dans la catégorie des espèces protégées et jouissent de la protection des autorités camerounaises et autres organismes internationaux œuvrant pour la protection de la nature et la conservation de la biodiversité (Essomba 2000).
Mais malgré toutes les mesures prises par ces institutions pour remédier à cette pression humaine sur la faune sauvage, le problème semble loin d’être résolu. Cela est dû au fait qu’aujourd’hui, les populations de la zone se sont lancées dans une nouvelle activité, un nouveau fléau qu’est le braconnage (Pamo et al 1997). Comment aujourd’hui endiguer ce phénomène tout en assurant un apport minimum en protéines animales aux populations de ces départements, notamment pour compenser le déficit en termes d’équivalent viande (qui en moyenne au Cameroun est de 36 kg/habitant/an). L’une des solutions pour tenter de résoudre ce problème est de faire recours à l’élevage, car le climat dans cette région équatoriale de type guinéen, favorise l’existence d’une végétation fourragère toute l’année pour l’alimentation du bétail. De plus sur le plan social, la région est la moins peuplée avec 634.655 habitants (BUCREP 2010) et une densité de population des plus faibles au Cameroun avec 13,4 habitant/km2 comparée à la densité moyenne au Cameroun qui est de 37,5 habitants/km2 (BUCREP 2010). En outre les petits ruminants, les volailles et les porcs font parties des espèces élevées de préférence par la quasi-totalité des populations de cette région (DDEPIA 2011). De plus, le secteur de l’élevage s’impose actuellement comme un secteur sûr et important de l’économie camerounaise. Il participe pour près de 165 milliards de F.CFA au Produit Intérieur Brut (P.I.B) et procure des revenus à environ 30% de la population rurale (Hamadou 2001).
Cette étude devrait fournir les bases de l’élaboration d’un système d’élevage de petits ruminants adapté aux réalités locales de ce département. Mais pour ce faire, il faudrait dans un premier temps faire un état des lieux, c’est-à-dire savoir quelle est la situation de l’élevage des petits ruminants dans ce département. Ainsi l’objectif global de notre étude est de contribuer à l’amélioration des connaissances sur la production et de la productivité des petits ruminants au Cameroun en général et en zone forestière en particulier.
Le département de la Mvila (Figure 1) s’étend entre 2°20’ de latitude Nord et 3°10’ de latitude Sud. De l’Est à l’Ouest, il s’étire entre 10°40’ de longitude Est et 12°10’ de longitude Ouest. Il couvre une superficie de 8697 km2 et est limité au nord par le département du Nyong et So’o, au sud par le département de la vallée du Ntem et la république du Gabon, à l’Ouest par le département de l’Océan, à l’Est par le département du Dja et Lobo (DDEPIA 2011).
Figure 1 : Localisation du département de la Mvila |
Le relief du département de la Mvila est dominé dans son ensemble par les collines dont l’unité morphologique et une succession monotone de collines convexes dont les plus élevées sont le mont Ebolowa et les collines du Ntem situées à 1000 m d’altitude (DDEPIA 2011).
Le département de la Mvila présente un climat de type équatorial chaud et humide (guinéen) caractérisé par quatre saisons : deux saisons de pluies (une grande, de mi-août à mi-novembre et une petite, de mi-mars à mi-mai), deux saisons sèches (une grande, de mi-novembre à mi-mars et une petite, de mi-mai à mi-août) avec une température moyenne de 25°C ; les précipitations annuelles varient entre 1200 et 2000 mm. Le réseau hydrographique du département est composé de marécages et de cours d’eau à faible débit dont les plus importants sont : Mvila, Tsangué, Lo’o, Menou’ou (DDEPIA 2011). Le département de la Mvila est couvert d’une végétation de forêt dense équatoriale et stratifiée, composée d’arbustes, de hautes herbes envahissantes, de grands arbres, de plantes de sous-bois et de lianes (DDEPIA 2011).
Les données relatives aux facteurs socio-économiques (le sexe, la situation matrimoniale, les croyances religieuses, le niveau d’éducation formelle, la principale activité professionnelle, la nature de la main d’œuvre, les objectifs, les contraintes et les perspectives, le niveau de contribution annuelle des petits ruminants dans les ménages) et techniques (répartition du cheptel, le logement, l’alimentation, les performances de reproduction et le statut sanitaire) de l’élevage des petits ruminants ont été obtenues à partir de trois sources:
Primaires à partir d’une trame d’enquête auprès d’un effectif de 57 éleveurs répartis dans les quatre arrondissements que compte le département de la Mvila à savoir, Ebolowa, Mvangane, Mengong et Biwong-bané ;
Secondaires à partir des publications, mémoires, articles et autres revues scientifiques sur la région ;
Les observations de terrain et discussion avec les personnes ressources.
Les données collectées ont été analysées à l’aide de la statistique descriptive grâce aux logiciels Statistical Package for Social Sciences (SPSS) version 16.0.
La plus grande partie des éleveurs enquêtés (84,2%) est mariée, 14,0% sont célibataires et 1,76% sont veufs (Tableau 1).
Tableau 1 : Répartition des éleveurs (%) en fonction du sexe, de l’âge, de la situation matrimoniale, de la religion et de l’ethnie par arrondissement dans le département de la Mvila. |
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Paramètres et caractéristiques |
Arrondissements |
Moyenne (%) |
|||
Ebolowa |
Mvangane |
Mengong |
Biwong-bané |
||
Sexe Masculin Féminin |
85,7 (6) 14,3 (1) |
96,2 (25) 3,85 (1) |
100 (10) 0 (0) |
100 (14) 0 (0) |
96,5(55) 3,51 (2) |
Tranches d’âge (années) 20-40 41-60 61 et plus |
28,6 (2) 42,9 (3) 28,6 (2) |
26,9 (7) 38,5 (10) 34,6 (9) |
30 (3) 50 (5) 20 (2) |
42,9 (6) 50 (7) 7,14 (1) |
31,6(18) 43,9(25) 24, 6(14) |
Situation matrimoniale Marié Célibataire Veuf |
85,7 (6) 14,3 (1) 0 (0) |
88,5 (23) 7,70 (2) 3,85 (1) |
80 (8) 20 (2) 0 (0) |
78,6 (11) 21,4 (3) 0 (0) |
84,2(48) 14,0(8) 1,76 (1) |
Religion Christianisme Islam |
85,7 (6) 14,3 (1) |
96,2 (25) 3,85 (1) |
100 (10) 0 (0) |
92,9 (13) 7,14 (1) |
94,7(54) 5,26 (3) |
Ethnie Boulou Bamiléké Fang Ewondo Autres |
57,1 (4) 14,3 (1) 0 (0) 0 (0) 28,6 (2) |
73,1 (19) 0 (0) 7,70 (2) 0 (0) 19,2 (5) |
90 (9) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 10 (1) |
28,6 (4) 0 (0) 0 (0) 71,4 (10) 0 (0) |
63,2(36) 1,75 (1) 3,51 (2) 17,5(10) 14,0(8) |
(…) : nombre d’éleveurs. |
Les raisons sont les mêmes que celles évoquées dans la vallée du Ntem. Ces résultats sont semblables à ceux de Essomba (2000) dans la vallée du Ntem qui observait que 87% des éleveurs étaient mariés et 13% étaient célibataires. Seule deux religions ont été mentionnées dans les arrondissements enquêtés dans ce département à savoir le christianisme et l’islam. La grande majorité (94,7%) des éleveurs est chrétienne et seulement 5,26% sont musulmans (Tableau 1). Ces résultats sont supérieurs à ceux de Tchouamo et al (2005) où 80% des éleveurs étaient chrétiens et vont dans le même ordre que les résultats trouvés dans le département de la vallée du Ntem. La majorité des éleveurs (63,1%) sont des Boulous et ils sont présents dans tous les arrondissements. En dehors des Boulous, on retrouve les Ewondos 71,4% dans l’arrondissement de Biwong-Bané ; les Bamilékés 14,3% dans l’arrondissement d’Ebolowa et les Fangs 7,70% dans l’arrondissement de Mvangane. D’autres ethnies à savoir les Bassa, les Mbo’o, et les Bamouns sont présentes dans les arrondissements d’Ebolowa de Mvangane et de Mengong (Tableau 1).
La majeure partie des éleveurs 57, 9% à un niveau d’étude secondaire, suivie de ceux ayant un niveau d’étude primaire (26,3%), ensuite de ceux ayant un niveau d’étude supérieur (12,3%) et enfin de ceux n’ayant pas été à l’école (3,51%) (Tableau 2).
Tableau 2 : Répartition des éleveurs en fonction du niveau d’éducation, de l’activité principale, source de protéine animale et fréquence de consommation de la viande par arrondissement dans la Mvila. |
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Paramètres et caractéristiques |
Arrondissements |
Moyenne (%) (n=57) |
|||
Ebolowa (n=7) |
Mvangane (n=26) |
Mengong (n=10) |
Biwong-bané (n=14) |
||
Niveau d'éducation |
|
|
|
|
|
N'a pas été à l'école |
0 |
1 |
1 |
0 |
3,5 |
Primaire |
1 |
5 |
3 |
6 |
26,3 |
secondaire |
6 |
14 |
5 |
8 |
57,9 |
Supérieur Eleveurs instruits |
0 7 |
6 25 |
1 9 |
0 14 |
12,3 96,5 |
Activité principale |
|
|
|
|
|
Productions végétales |
5 |
19 |
7 |
13 |
77,2 |
Productions animales |
1 |
1 |
0 |
1 |
5,3 |
Commerce |
0 |
1 |
1 |
0 |
3,51 |
Autres |
1 |
5 |
2 |
0 |
14,0 |
Source de protéines animales |
|
|
|
|
|
Gibier |
1 |
23 |
9 |
1 |
59,7 |
Poisson |
1 |
2 |
1 |
1 |
8,77 |
Elevage |
5 |
1 |
0 |
12 |
31,6 |
Fréquence de consommation |
|
|
|
|
|
1 à 3/ semaine |
6 |
5 |
5 |
11 |
47,4 |
1 à 3/mois |
1 |
21 |
5 |
3 |
52,6 |
1 à 3/ trimestre |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
n: nombre d’éleveurs enquêtés |
Le fort taux de scolarisation ici qui est de 96,5% est en accord avec celui de Essomba (2000) dans la vallée du Ntem, de Pamo et al (1997) à Lomié où les taux de scolarisation étaient respectivement de 94% et 91,3% en zone forestière et Tchouamo et al (2005) à l’Ouest du pays avec un taux de scolarisation de 76%. Mais il faudrait tout de même signaler que ce taux de scolarisation est nettement supérieur à celui de Wikondi (2010) à l’Extrême-Nord où seulement 60% des enquêtés étaient allés à l’école. La majorité des éleveurs (77,2%) a pour principale activité l’agriculture (productions végétales) et seulement 5,26% pratiquent l’élevage comme activité principale (Tableau 2). On distingue également les commerçants (3,51%) et des éleveurs (14,0%) qui ont d’autres occupations (enseignant, contrôleur financier, douanier…) comme activité principale. Ces résultats sont semblables à ceux de Wikondi (2010) à l’Extrême-Nord et à ceux de Tchouamo et al (2005) à l’Ouest du Cameroun où la majeure partie des éleveurs sont des agriculteurs suivi des éleveurs ayant une autre occupation comme activité principale, et enfin des éleveurs ayant comme activité principale l’élevage.
La principale source de protéines animales dans le département reste le gibier (59,7%), ensuite les animaux élevés (31,6%) et enfin du poisson (8,8%). La forte proportion des consommateurs de gibier montre la pression anthropique sur la faune sauvage dans la région. Des observations similaires ont été faites par Pamo et al (1997) et Essomba (2000). L’étendue de la forêt s’étant réduite et la disponibilité du gibier par la même occasion, d’autres sources de protéines animales sont maintenant plus consommées. La majorité des éleveurs (52,6%) ont une fréquence de consommation des protéines animales comprise entre une et trois fois par mois, suivie de ceux (47,4%) ayant une fréquence de consommation des protéines animales comprise entre une et trois fois par semaine (Tableau 2). Cette fréquence de consommation nous permet d’avoir une idée sur le rythme auquel les protéines animales sont consommées.
La plus grande proportion des éleveurs (31,6%) a entre 21 ans et plus d’expérience, suivie de ceux ayant une expérience comprise entre 6 et 10 ans (29,8%), et enfin ceux ayant une expérience de 0 et 5 ans (28,1%) (Tableau 3).
Tableau 3 : Répartition des éleveurs en fonction de l’expérience en élevage, la formation en élevage et le type de formation désiré par arrondissement dans la Mila. |
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Paramètres et caractéristiques |
Arrondissements |
Moyenne (%) (n=57) |
|||
Ebolowa (n=7) |
Mvangane (n=26) |
Mengong (n=10) |
Biwong-bané (n=14) |
||
Expérience en élevage |
|
|
|
|
|
0-5 ans |
2 |
6 |
4 |
4 |
28,1 |
6-10 ans |
2 |
7 |
3 |
5 |
29,8 |
11-15 ans |
0 |
2 |
0 |
3 |
8,8 |
16-20 ans |
0 |
0 |
1 |
0 |
1,75 |
21 et plus |
3 |
11 |
2 |
2 |
31,6 |
Formation en élevage |
|
|
|
|
|
Formés |
2 |
1 |
0 |
1 |
7,02 |
Alimentation |
1 |
0 |
0 |
0 |
1,75 |
Santé |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Logement |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Reproduction |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Tous |
1 |
1 |
0 |
1 |
5,3 |
Non formés |
5 |
25 |
10 |
13 |
93,0 |
Type de formation désiré |
|
|
|
|
|
Alimentation |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Santé |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Logement |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Reproduction |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Tous |
5 |
24 |
9 |
13 |
89,5 |
Aucun |
0 |
1 |
1 |
0 |
3,51 |
n: nombre d’éleveurs enquêtés |
Les deux derniers groupes d’éleveurs en termes d’expérience en élevage sont par ordre décroissant ceux ayant entre 11 et 15 ans (8,77%), suivis de ceux ayant entre 16 et 20 ans (1,75%). Ces résultats sont semblables à ceux de Tchouamo et al (2005) dans l’Ouest du Cameroun qui affirmait que plus du cinquième des éleveurs a une expérience en élevage comprise entre 21 ans et plus, mais sont différents de ceux trouvés par Wikondi (2010) dans l’Extrême-Nord du Cameroun où la grande majorité des éleveurs a une expérience en élevage comprise entre 6 et 10 ans. Seulement quatre éleveurs (7,02%) ont reçu une formation en élevage, dont un en alimentation et trois dans tous les aspects. Il faut signaler que 93,0% des éleveurs n’ont pas reçu une formation en élevage et dans ce pourcentage la grande majorité des éleveurs (89,5%) aimeraient recevoir une formation dans tous les domaines (Tableau 2). Ce résultat (97,6% des éleveurs non formés) est comparable à celui d’Ateba (1998) à Batschenga dans le Centre-Cameroun où aucun éleveur (100%) n’avait reçu une formation en élevage. En ce qui concerne les éleveurs formés, ce résultat (7,01%) est comparable à celui de Wikondi (2010) à l’Extrême-Nord Cameroun. Cette grande majorité des éleveurs non formés et désireux de recevoir une formation en élevage atteste une fois de plus de la prédisposition des éleveurs à adopter des innovations techniques.
Plusieurs objectifs amènent les gens à élever les petits ruminants. Dans le département de la Mvila, l’objectif principal de l’élevage est à la fois l’autoconsommation et la vente (Figure 2). Ces résultats sont semblables une fois de plus à ceux de Wikondi (2010) à l’Extrême- Nord et sont différents de ceux de Tchouamo et al (2005) à l’Ouest où le principal objectif d’élevage était la vente. Les raisons sont les mêmes que celles évoquées dans la vallée du Ntem.
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Figure 2 : Répartition des éleveurs en fonction des objectifs d’élevage par arrondissement dans la Mvila. |
La majorité des éleveurs dans la Mvila (31,6%) a acquis ses animaux par les dons uniquement, contrairement à la vallée du Ntem où l’achat représentait le principal mode d’acquisition des animaux (Tableau 4). Ces résultats sont en contradiction avec ceux de Wikondi (2010) à l’Extrême-Nord et Sounchio (2003) trouvé à Dschang (Ouest-Cameroun) où la majorité (92,6%) des éleveurs avait acquis leurs animaux par achat.
Tableau 4 : Répartition des éleveurs par arrondissement en fonction du mode d’acquisition de petits ruminants dans la Mvila. |
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Mode d'acquisition |
Arrondissements |
Moyenne (%) (n=57) |
|||
Ebolowa (n=7) |
Mvangane (n=26) |
Mengong (n=10) |
Biwong-bané (n=14) |
||
Achat |
2 |
9 |
0 |
2 |
22,8 |
Don |
3 |
9 |
3 |
3 |
31,6 |
Dot |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Héritage |
2 |
3 |
0 |
0 |
8,77 |
Achat + don |
0 |
5 |
2 |
4 |
19,3 |
Achat + don + héritage |
0 |
0 |
5 |
5 |
17,5 |
n: nombre d’éleveurs enquêtés |
Dans les arrondissements de Mvangane et Mengong, 100% d’éleveurs utilisent la main d’œuvre familiale alors que dans les arrondissements d’Ebolowa et Biwong-Bané, 71% et 86% d’éleveurs utilisent la main d’œuvre familiale respectivement et seulement 29% et 14% utilisent la main d’œuvre salariale respectivement (Figure 3). Ce résultat est supérieur de 15,3% à celui trouvé par Tchouamo et al (2005) à l’Ouest du Cameroun et semblable (99%) à celui de Wikondi (2010) à l’Extrême-Nord du pays.
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Figure 3 : Répartition des éleveurs en fonction de la main d’œuvre utilisée dans la Mvila |
La contribution annuelle des petits ruminants au revenu des ménages telle que déclarée par les éleveurs varie de moins de 50 000 à plus de 200 000 FCFA (Figure 4).
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Figure 4 : Répartition des éleveurs en fonction de la contribution annuelle (FCFA) de petits ruminants dans le revenu des ménages dans le département de la Mvila. |
La majeure partie des éleveurs (45%) ont un revenu compris entre 50.000 et 100.000, suivie de ceux ayant un revenu inférieur ou égal à 50 000 (41%). Ces résultats sont semblables à ceux obtenus dans la vallée du Ntem et aussi à ceux de Wikondi (2010) dans l’Extrême-Nord où 51% des éleveurs avaient un revenu compris entre 50 000 et 100 000, suivis de ceux ayant moins de 50 000 de revenus.
La répartition des éleveurs en fonction des espèces élevées dans le département de la Mvila (Figure 5), montre que, la majorité des éleveurs possèdent à la fois les ovins et les caprins, suivis de ceux possédant les caprins uniquement et enfin ceux ne possédant que les ovins. Ce résultat concorde avec celui trouvé par Tchoumboué (1997) à l’Ouest-Cameroun et Wikondi (2010) à l’Extrême-Nord Cameroun.
|
Figure
5 :
Répartition des éleveurs par
arrondissement en fonction des |
La répartition des éleveurs en fonction des effectifs ovins et caprins dans le département de la Mvila (Tableau 5) montre que quelque soient les arrondissements, les éleveurs ayant 10 têtes au plus sont les plus représentés suivis de ceux avec 11 à 20 têtes, sauf chez les caprins où les éleveurs ayant entre 21 têtes et 50 suivent. Ces observations sont semblables à celles d’Ateba (1998) à Batschenga dans le Centre-Cameroun et à celles de Wikondi (2010) dans l’Extrême-Nord où la majorité des éleveurs avaient au plus 10 têtes par troupeau. Ces résultats sont également semblables à ceux de Tchouamo et al (2005) à l’Ouest-Cameroun où 90% des éleveurs avaient un troupeau dont la taille n’excédait pas 10 têtes.
Tableau 5 : Répartition des éleveurs par arrondissement en fonction de la taille du troupeau dans la Mvila. |
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Effectif de petits ruminants |
Arrondissements |
Moyenne (%) (n=57) |
|||
Ebolowa (n=7) |
Mvangane (n=26) |
Mengong (n=10) |
Biwong-bané (n=14) |
||
Ovins |
|
|
|
|
|
1 à 10 |
5 |
12 |
4 |
8 |
50,9 |
11 à 20 |
1 |
2 |
0 |
0 |
5,26 |
21 à 50 |
0 |
0 |
0 |
2 |
3,51 |
Caprins |
|
|
|
|
|
1 à 10 |
4 |
17 |
10 |
9 |
70,2 |
11 à 20 |
0 |
0 |
0 |
1 |
1,75 |
21 à 50 |
0 |
1 |
0 |
1 |
3,51 |
n: nombre d’éleveurs enquêtés |
La structuration des troupeaux ovins et caprins en fonction du sexe et de la tranche d’âge dans le département de la Mvila (Figure 6) montre que les populations ovines et caprines sont très jeunes, car près de la moitié (44,5% chez les ovins et 41,1% chez les caprins) a un âge inférieur ou égal à 12 mois et montre qu’il y a plus de femelles que de mâles. Ces résultats sont semblables à ceux de Sounchio (2003) à Dschang (Ouest-Cameroun) et à ceux de Wikondi (2010) à l’Extrême-Nord Cameroun où ils ont observé plus de femelles que de mâles. Ceci serait dû au fait que les mâles sont majoritairement réservés à la vente alors que les femelles sont gardées plus longtemps pour la reproduction.
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Figure 6: Structuration des troupeaux ovins et caprins dans le département de la Mvila. |
En dehors des petits ruminants, 73,7% des éleveurs possèdent d’autres espèces dans le département de la Mvila (Tableau 6).
Tableau 6 : Répartition des éleveurs par arrondissement en fonction des autres espèces élevées dans la Mvila. |
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Autres espèces élevées |
Arrondissements |
Moyenne (%) (n=57) |
|||
Ebolowa (n=7) |
Mvangane (n=26) |
Mengong (n=10) |
Biwong-bané (n=14) |
||
Volailles |
4 |
13 |
10 |
13 |
70,2 |
porcs |
2 |
5 |
6 |
9 |
38,6 |
Lapins |
1 |
0 |
0 |
0 |
1,75 |
Autres |
1 |
0 |
0 |
2 |
5,26 |
Aucun |
3 |
12 |
0 |
0 |
26,3 |
n: nombre d’éleveurs enquêtés |
Quels que soient les arrondissements observés dans le département, une très forte proportion des éleveurs élèvent les volailles suivis de ceux élevant les porcs. Ce résultat est semblable à celui obtenu dans la vallée du Ntem et à celui de Wikondi (2010) trouvé dans l’Extrême-Nord (Cameroun). Le lapin est l’espèce la moins élevée par les éleveurs de petits ruminants. La forte proportion d’éleveurs ne possédant pas d’autres espèces est liée au manque de moyen financier, le manque de temps, le vol, le manque d’informations sur l’élevage de ces espèces, le fait que ces espèces ne fassent pas parties des espèces coutumièrement élevées et par certaines épidémies qui affectent ces espèces. L’élevage des autres espèces par les éleveurs de petits ruminants serait dû à la recherche d’une certaine sécurité dans les petites exploitations, ce qui entraîne une multitude d’activités.
Indépendamment de l’arrondissement, la divagation permanente est le mode principal de conduite du troupeau car il est rencontré chez la majorité des éleveurs enquêtés. La même tendance avait déjà été observée il y a 10 ans par Essomba (2000) dans la vallée du Ntem au Sud-Cameroun et à Lomié à l’Est-Cameroun, où Pamo et al (1997) avaient trouvés que 64% des éleveurs pratiquaient le système d’élevage extensif. Les animaux sans contrôle, et sans suivi particulier exploitent les pâturages naturels à longueur de journées.
Les petits ruminants dans ces départements sont en majorité (92,8%) sans abris. Ils passent leur nuit en général sur les vérandas et dans les maisons abandonnées. La même observation a été faite par Manjeli et al (1995) à l’Est-Cameroun avec 77,1% et par Pamo et al (1997) à Lomié avec 88% d’éleveurs qui affirmaient ne pas loger leurs animaux. A Batschenga dans le Centre-Cameroun, Ateba (1998) observe également que le logement est inexistant, contrairement à l’Extrême-Nord où une très forte proportion des éleveurs logent leurs animaux dans des cases suivis de ceux qui logent sous les hangars, les enclos et aux piquets (Wikondi, 2010).
L’alimentation exclusive au fourrage (63%) est prépondérante comme le souligne la Figure 7. La même observation a été faite par Pamo et al (1997) à Lomié et Essomba (2000) dans la vallée du Ntem qui avaient trouvé respectivement 64% et 95%. La majorité des éleveurs ne complémentent pas la ration de base des animaux. Ces observations sont contraires à celles faites à l’Ouest du Cameroun par Tchouamo et al (2005) et à l’Extrême-Nord par Wikondi (2010) où respectivement 51% et 94% des éleveurs complémentaient la ration de base des animaux. Le fait que la majorité des éleveurs ne complémentent pas la ration de base des animaux s’explique par l’abondance des pâturages.
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Figure 7 : Répartition des éleveurs en fonction de la complémentation dans la Mvila |
La complémentation n’étant pas très pratiquée par les éleveurs de ces départements, il convient tout de même de noter que ceux qui la pratiquent utilisent principalement les déchets de cuisine (24,6%), suivis des déchets de culture comme le montre le Tableau 7.
Tableau 7 : Répartition des éleveurs en fonction des types de complément par arrondissement dans la Mvila. |
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Compléments |
Arrondissements |
Moyenne (%)* (n=21) |
|||
Ebolowa (n=2) |
Mvangane (n=3) |
Mengong (n=5) |
Biwong-bané (n=11) |
||
Déchets de cuisine |
0 |
2 |
4 |
8 |
24,6 |
Déchets de culture |
0 |
1 |
1 |
1 |
5,26 |
Pierre à lécher |
1 |
0 |
0 |
1 |
3,51 |
Provende |
1 |
0 |
0 |
0 |
1,75 |
Son de maïs |
0 |
0 |
0 |
1 |
1,75 |
n: nombre d’éleveurs pratiquant la complémentation * : % des éleveurs pratiquant la complémentation par rapport au nombre total d’éleveurs |
Ce résultat est en accord avec celui de Manjéli et al (1995) à l’Ouest-Cameroun où la majorité des paysans (74,4%) donnent aux animaux une complémentation sous forme de maïs ou de déchets de cuisine (épluchure de banane, de patate,...). Les animaux s’abreuvent de manière régulière toute l’année dans les cours d’eaux, les mares et les eaux de ruissellement.
En ce qui concerne la reproduction (Tableau 8), il faudrait signaler que les aspects techniques ne sont pas maîtrisés par la grande majorité des éleveurs. Les informations sur l’âge à la première saillie chez les femelles, l’âge de mise en reproduction chez les mâles et la durée de la carrière reproductive ont été obtenues auprès de certains d’éleveurs ayant une petite maîtrise de cet aspect. Les femelles et cela quelque soit l’espèce sont saillies pour la première fois à 10,7 mois environ et les mâles entrent en reproduction à 7,8 mois. La carrière reproductive est d’environ 5,8 ans indépendamment du sexe et de l’espèce. Ces résultats diffèrent de ceux de Wikondi (2010) dans l’Extrême-Nord du Cameroun où l’âge de mise en reproduction et la durée de vie reproductive varient en fonction des espèces de petits ruminants, du sexe et des objectifs de l’élevage.
Tableau 8 : Quelques paramètres de reproduction dans la Mvila. |
|
Paramètres de reproduction |
Moyenne (n=12) |
Age à la 1ère saillie (mois) chez les femelles |
10,7 ± 1 |
Age de mise en reproduction (mois) chez les males |
7,8 ± 0,6 |
Durée de vie reproductive (années) |
5,8 ± 0,7 |
n= nombre d’éleveurs |
|
La majorité des éleveurs dans ce département déclarent n’avoir pas de maladies (Figure 8). Les problèmes sanitaires répertoriés quelque soit l’arrondissement sont les parasites externes et internes et la diarrhée. Ces résultats sont contraires à ceux d’Essomba (2000) dans la vallée du Ntem il y a 10 ans où la majorité des éleveurs (57%) avaient comme principale pathologie les maladies diarrhéiques, suivie des affections respiratoires.
|
Figure
8 :
Répartition des éleveurs par arrondissement en fonction des |
Très peu d’éleveurs (39,2%) administrent des soins à leurs animaux (Figure 9).
|
Figure
9 :
Répartition des éleveurs
selon qu’ils administrent |
La majorité des éleveurs (60,8%) affirment ne pas s’occuper de leurs animaux. Ces observations sont contraires à celles de Tchouamo et al (2005) dans l’Ouest-Cameroun où la majorité (70,0%) des éleveurs soignait leurs animaux. Toutefois, il convient de signaler que le pourcentage des éleveurs n’administrant pas de soins à leurs animaux est nettement plus grand que celui obtenu dans la vallée du Ntem. Le non recours aux traitements serait lié aux manques d’information et de moyens financiers.
La Figure 10 présente la répartition des 39,3% des éleveurs prenant soin de leurs animaux en fonction de la nature des produits utilisés dans la Mvila. Dans ce département, 38,3% des éleveurs utilisent des produits vétérinaires modernes uniquement contre une très faible proportion qui fait recours à des soins ethno vétérinaires (1%).
|
Figure 10 :
Répartition des éleveurs en fonction de la
nature des |
Les produits vétérinaires modernes qui sont fréquemment utilisés pour les soins sont : capri pescovax, Ivermectine, oxytetracycline et Vétospri alors que les produits ethno vétérinaires utilisés sont les feuilles et écorces de Balanites aegyptiaca. Il convient de relever que contrairement à ce que nous avons pu observer dans la vallée du Ntem, les éleveurs qui prennent soin de leurs animaux dans ce département font beaucoup plus recours à la médecine vétérinaire moderne qu’aux pratiques ethno vétérinaires. Ceci pourrait être dû au fait que dans le département de la Mvila, les chefs de centre zootechnique et de contrôle sanitaire vétérinaire sont présents dans leurs circonscriptions et participent à la vie communautaire contrairement à la vallée du Ntem.
Les contraintes majeures sont le vol, suivi des accidents et des maladies (Tableau 9).
Tableau 9 : Répartition des éleveurs (%) par arrondissement en fonction des contraintes d’élevage dans la Mvila. |
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Contraintes d’élevage |
Arrondissements |
Moyenne |
|
|||
Ebolowa |
Mvangane |
Mengong |
Biwong-bané |
|
||
Santé animale |
0 (0) |
42,3 (11) |
60 (6) |
28,- (4) |
36,8(21) |
|
Alimentation |
16,7 (1) |
0 (0) |
0 (0) |
7, (1) |
3,51 (2) |
|
Vol |
100 (6) |
88,5 (23) |
90 (9) |
85,7(12) |
87,7(50) |
|
Manque de moyen financier |
16,7 (1) |
3,84 (1) |
10 (1) |
42,9 (6) |
15,8(9) |
|
Reproduction |
0 (0) |
0 (0) |
0 (0) |
0 (0) |
0 (0) |
|
Encadrement |
0 (0) |
11,5 (3) |
0(0) |
14,3 (2) |
8,77(5) |
|
Accidents |
33,3 (2) |
57,7 (15) |
40 (4) |
50 (7) |
49,1 (28) |
|
Logement et équipement Conflits agro-pastoraux Approvisionnement en bêtes |
16,7(1) 50 (3) 0 (0) |
0 (0) 11,5 (3) 0 (0) |
0 (0) 20 (2) 0 (0) |
0 (0) 0 (0) 0 (0) |
1,75(1) 14,0 (8) 0 (0) |
|
(…) : nombre éleveurs |
|
Dans l’arrondissement d’Ebolowa, la contrainte majeure est le vol suivi des conflits agropastoraux, puis des accidents. L’arrondissement de Mengong a les maladies comme seconde contrainte, suivies des accidents. Le vol existant comme contrainte majeure s’expliquerait par le fait que le mode principal de conduite du troupeau dans le département reste la divagation permanente et les animaux ne sont pas marqués afin de pouvoir les identifier. Ces observations sont semblables à celles de Tchouamo et al (2005) à l’Ouest-Cameroun où la majorité des éleveurs (65,0%) avaient pour contrainte majeure le vol. Essomba (2000) dans la vallée du Ntem et Pamo et al (1997) à Lomié avaient également identifié le vol comme contrainte majeure suivi des conflits agropastoraux.
La quasi-totalité des éleveurs (98%) veulent continuer l’élevage et 96% veulent augmenter la taille du cheptel tandis que 2% veulent maintenir leur cheptel intact (Figure 11), ceci à cause des différents avantages qu’ils tirent de cette activité (rentabilité financière, besoins de subsistances et autres). 2% seulement des éleveurs enquêtés du département veulent arrêter cette activité notamment à cause du vol et des autres contraintes que subit cet élevage. Ces résultats sont semblables à ceux observés par Tchouamo et al (2005) dans l’Ouest du Cameroun (58,0%) et Wikondi (2010) à l’Extrême-Nord (96%) où la majorité des éleveurs augmenteraient leur cheptel et une faible proportion (7,0%) et (1%) respectivement pensaient arrêter leur élevage.
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Figure 11 : Perspectives de l’élevage de petits ruminants dans la Mvila |
Sur le plan social, l’élevage de petits ruminants est exercé principalement par les hommes, les personnes mariées étant les plus représentées. La quasi-totalité des éleveurs ont été à l’école. L’autoconsommation et la vente sont les principaux objectifs de l’élevage et la main d’œuvre est essentiellement familiale. Sur le plan technique, la taille du troupeau varie de 1 à 25 têtes avec une moyenne de 6 animaux par éleveur. La majorité des éleveurs pratiquent l’élevage mixte. En ce qui concerne la conduite du troupeau, la divagation permanente est le mode exclusif et très peu d’éleveurs logent leurs animaux. L’alimentation de base est le pâturage naturel et très peu d’éleveurs complémente la ration de leurs animaux. En termes de performance de reproduction, il convient de rappeler que cet aspect est presque ignoré de la majorité des éleveurs. Les maladies telles que les parasites internes et externes, les diarrhées sont les plus fréquentes. Très peu d’éleveurs prennent soin de leurs animaux, et parmi ces derniers la grande majorité a recours aux techniques vétérinaires modernes. Les contraintes majeures de l’élevage de petits ruminants sont le vol, et les problèmes de santé.
Ateba D 1998 Situation et perspectives de l’élevage des petits ruminants à Batschenga. Mémoire de fin d’étude, FASA Dschang. 63 p.
B.U.C.R.E.P. 2010 Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat. 62 p.
DDADER 2010 Rapport annuel d’activités. Délégation Départementale de l’Agriculture de la vallée du Ntem. 91 p.
DDEPIA 2011 Rapport annuel des activités. Délégation Départementale de l’élevage, des Pêches et Industries Animales de la Mvila. 98 p.
Essomba E 2000 Potentiel de développement du petit élevage comme stratégie de lutte contre la pression humaine sur la faune sauvage dans le département de la vallée du Ntem : Cas des petits ruminants. Mémoire de fin d’étude. FASA Dschang. 54 p.
Hamadou H 2001 Elevage au Cameroun. www.elevage.wikibis.com.
Manjeli Y, Njiwe R M, Teguia A, Tchoumboue J et Tangang 1995 Enquête sur l’élevage ovin dans la région forestière de l’Est-Cameroun: pp 1-6.
Pamo T E, Tchoumboué J, Onana S 1997 Potentiel de développement du petit élevage comme stratégie de lutte contre la pression humaine sur la faune sauvage autour de la réserve du Dja: cas de la région de Lomié. 28p.
Sounchio M 2003 Characterization of small ruminant production in Dschang subdivision (West province-Cameroun). Mémoire de fin d’étude, FASA Dschang. 68 p.
Tchouamo I R, Tchoumboue J et Thibault L 2005 Caractérisation socio-économique et techniques de l’élevage des petits ruminants dans la province de l’Ouest du Cameroun. Tropicultura, 2005, 23 (4) : 201-211.
Tchoumboue J 1997 Elevage des caprins en zone soudano-guinéenne d’altitude de Cameroun. Visite d’étude sur les systèmes d’élevage dans les zones humides et subhumides d’Afrique. CTA. Wageningen, Pp 148-153.
Wikondi J 2010 Caractéristiques socio-économiques et techniques de l’élevage des petits ruminants dans le département du Mayo-Danay (Extrême-nord Cameroun). Mémoire de fin d’étude, FASA Dschang. 70p.
Received 23 November 2012; Accepted 28 March 2013; Published 2 April 2013